Le radon dans l’habitat :
comprendre, mesurer et réduire son exposition
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le sol et les roches. Invisible, inodore et sans saveur, il peut pénétrer dans les bâtiments et s’accumuler dans les espaces insuffisamment ventilés, notamment au rez-de-chaussée, dans les caves et les sous-sols.
Contrairement à certains phénomènes traditionnellement étudiés en géobiologie, le radon constitue un risque sanitaire reconnu et mesurable. En France, il fait l’objet d’une surveillance particulière dans les territoires où le potentiel radon des sols est important.
D’où vient le radon ?
Le radon provient de la désintégration naturelle de l’uranium présent dans certaines roches et certains sols. Sa concentration varie donc fortement d’un territoire à l’autre, mais également d'une habitation à une autre.

Les terrains granitiques et certaines formations géologiques sont notamment susceptibles d'en produire davantage.
Le gaz présent dans le sol peut remonter et pénétrer dans une habitation par différents passages :
-fissures dans les dalles et les murs ;
-passages de canalisations ;
-joints et défauts d’étanchéité ;
-caves et vides sanitaires ;
-sols en terre battue ;
-ouvertures entre le bâtiment et le terrain.
Une maison très proche peut ainsi présenter une concentration sensiblement différente de celle de sa voisine.
Pourquoi s’intéresser au radon ?
À l’extérieur, le radon se disperse rapidement dans l’atmosphère. Le problème apparaît lorsqu’il pénètre dans un espace fermé, où sa concentration peut augmenter.
Une exposition prolongée à des concentrations importantes de radon augmente le risque de cancer du poumon. Le radon est d'ailleurs classé comme cancérogène certain pour l'être humain.
Il ne faut cependant pas confondre présence de radon et danger immédiat : c'est principalement le niveau de concentration dans le bâtiment et la durée d’exposition qui déterminent le risque.
Comment savoir s’il y a du radon dans une habitation ?
On ne peut ni voir ni sentir le radon. Seule une mesure permet de connaître sa concentration réelle. Elle est exprimée en becquerels par mètre cube (Bq/m³).
La mesure peut être réalisée à l'aide de dosimètres placés pendant une période suffisamment longue dans les principales pièces de vie. Les mesures de référence sont généralement effectuées pendant la période de chauffage, lorsque le logement est moins ventilé et que les concentrations peuvent être plus élevées.
En France, le niveau de référence réglementaire est fixé à 300 Bq/m³ pour la concentration moyenne annuelle dans les bâtiments concernés par la réglementation.
Que faire lorsque le niveau est élevé ?
Les solutions dépendent du bâtiment et de la concentration mesurée. Il peut notamment être nécessaire d'agir sur la ventilation et les échanges entre le sol et l'habitation.
Les actions peuvent aller d'une amélioration de l'aération ou de la ventilation jusqu'à des travaux d'étanchéité des fissures et passages de réseaux. Pour les situations plus importantes, des techniques spécifiques peuvent permettre de ventiler ou mettre en dépression le soubassement afin d'évacuer le radon avant son entrée dans les pièces de vie.
L'objectif est donc d'abord de mesurer, puis d'identifier les voies possibles d'entrée du gaz afin de choisir une solution adaptée.
Radon et géobiologie
Dans le cadre d'une approche globale de l'habitat, la question du radon complète l'observation du terrain, du sous-sol, de la ventilation et de l'environnement intérieur.
Il est toutefois important de distinguer le radon des réseaux telluriques ou d'autres notions propres à la géobiologie : le radon est un phénomène physique radioactif parfaitement mesurable, qui relève également de la santé publique.
👉 Connaître son terrain, mesurer lorsque cela est nécessaire et agir sur le bâtiment permettent de mieux maîtriser la qualité de son environnement intérieur.

